Guillaume Dumont est le co-fondateur et gérant de la société Attitude SARL, société de communication spécialisée dans le domaine de la musique. La société intervient dans le conseil stratégique, la conception, le développement, la gestion éditoriale et la promotion des artistes sur internet.

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Question 1 : Si vous deviez identifier deux évolutions majeures dans les pratiques de consommations et d'écoute musicale des quinze dernières années, lesquelles seraient-elles ?

La mobilité : pouvoir écouter tout et partout. Le partage : la fluidité de circulation des titres, de duplication, copie, écoute partagée…

Questions subsidiaires : Quel rôle le numérique joue-t-il dans ces évolutions (déclencheur, catalyseur, etc.) ?

A la fois déclencheur et catalyseur, il l’est l’instrument de la fluidité, permet aussi  à n’importe qui de produire et de distribuer. Après, qui de l’œuf ou de la poule….

Si vous vous projetez dans 15 ans, comment ces évolutions pourraient-elles dérouler leurs conséquences ?

Reconstruction totale de la filière, disparition de beaucoup des acteurs connus au fil des fusions et fermetures. Emergence de nouvelles entités, avec un rôle croissant des tourneurs et producteurs de spectacles. Obligation pour les artistes de reconsidérer eux-aussi leur métier.

Question 2 : Si vous deviez identifier deux innovations majeures dans la manière dont les entreprises du secteur exploitent les possibilités économiques ouvertes par le numérique et les réseaux, lesquelles seraient-elles ?

Aucune réellement significative, je ne considère pas la vente de sonneries ou la vente en téléchargement de titres comme des innovations majeures, elles sont déjà à bout de souffle,  et au-delà, avec l’étonnant retournement de veste d’universal qui valide la gratuité, pas facile de s’y retrouver.

Questions subsidiaires : En vous projetant dans quelques années, quels effets ces innovations (ou d'autres auxquelles vous pourriez penser mais qui ne se sont pas encore manifestées) pourraient-elles avoir ?

L’émergence réelle des marchés de niche, que des entreprises industrielles comme les majors ne sont pas capables d’exploiter, mais qui permettront aux nouveaux acteurs de sortir.

Question 3 : En supposant qu'il subsiste un échange important de fichiers musicaux non commerciaux (couvert ou non par des dispositions de type « licence globale »), comment l'industrie musicale pourrait-elle retrouver les moyens de générer des revenus suffisants, afin de trouver le chemin de la croissance ?

Cesser de raisonner dans les schémas classiques de mass media, recréer de la valeur en s’adaptant aux artistes et au public plutôt que l’inverse, tenter de revenir au sur-mesure.

Question 4 optionnelle : Si vous deviez imaginer deux scénarii économiques d'évolution de l'industrie à 5-10 ans, un serait positif et l’autre négatif, lesquels seraient-ils ?

Sur la notion industrielle de major je ne vois que la disparition du schéma actuel,  et le retour à l’entreprises culturelle, privilégiant le développement qualitatif à la part de marché. Ca me parait un scénario tout à fait positif, en tout cas du point de vue de la création et des artistes, ce qui au final reste tout de même important !