Nous vous soumettons les réponses de Frédérique Pfrunder de la CLCV
aux "3 questions-clés aux Experts"

Un grand merci pour ouvrir le bal des réponses à ces questions essentielles.

Question 1

Si vous deviez identifier deux évolutions majeures dans les pratiques de consommations et d'écoute musicale des quinze dernières années, lesquelles seraient-elles ?

-          une musique « désacralisée » (peut-être trop ?) : que l’on peut écouter partout (n’importe où), sous de nouvelles formes (singles, sonneries de portable, jingles, …), que l’on peut mixer, modifier, compiler à souhait ;

-          une abondance et une diversité qui fleurissent en dehors des circuits traditionnels : l’accès aux réseaux peer to peer et aux milliards de fichiers musicaux qui y circulent permet aux internautes d’accéder à une diversité inconnue jusque là ; mais cette abondance facile fait aussi disparaître la nécessité du choix, qui est génératrice de valeur. Par ailleurs, les sites personnels, les blogs, le bouche à oreille permettent au cyber public de choisir, parfois de plébisciter  des artistes qui n’ont pas été identifiés ou retenus par les circuits « traditionnels »

Question 2

Si vous deviez identifier deux innovations majeures dans la manière dont les entreprises du secteur exploitent les possibilités économiques ouvertes par le numérique et les réseaux, lesquelles seraient-elles ?

Les innovations majeures ne sont pas le fait des entreprises de ce secteur., même si elles y sont parfois associées Elles sont le fait des fabricants de matériel (baladeurs numériques, puis sites de vente en ligne), des développeurs logiciels (logiciels de partages de fichiers, gratuits puis aujourd’hui travaillant sur des solutions payantes avec les maisons de disques mais tout en utilisant le potentiel de ces échanges interpersonnels), aujourd’hui d’opérateurs mobiles qui souhaitent valoriser les nouveaux services qu’ils proposent (accès internet mobile).

La numérisation des répertoires existants ne peut être considéré comme une innovation mais comme la prise en compte nécessaire des évolutions technologiques.

Seule innovation majeure : le développement de systèmes de protection technique et de systèmes de gestion numérique des droits, qui sont utilisés aujourd’hui de façon à restreindre les droits des consommateurs, et qui sont de notre point de vue une menace pour le développement d’une relation équilibrée entre public et artistes dans l’univers numérique.

Question 3

En supposant qu'il subsiste un échange important de fichiers musicaux non commerciaux (couvert ou non par des dispositions de type « licence globale »), comment l'industrie musicale pourrait-elle retrouver les moyens de générer des revenus suffisants, afin de trouver le chemin de la croissance ?

Les chemins de la croissance sont sans aucun doute dans la qualité de l’offre et dans la valeur ajoutée qui peut accompagner cette offre bonus inédits; infos sur l’artiste, pré-vente de places de concert, conseils, offre attractive sur des titres anciens des répertoires … Les entreprises du secteur doivent également réussir à utiliser l’effet réseau et à s’en servir, ce que certaines, en particulier aux USA commencent à faire, en passant des accords avec des créateurs de logiciels peer to peer pour la distribution de contenus reposant sur les échanges entre internautes.