Question 1
Si vous deviez identifier deux évolutions majeures dans les pratiques de consommations et d'écoute musicale des quinze dernières années, lesquelles seraient-elles ?

Dématérialisation des supports,

Augmentation du nombre de styles et d'oeuvres accessibles... et écoutés par un
individu, donc « profusion » et modification du statut de l'oeuvre. La possession d'une chanson n'a plus la même valeur qu'il y a 20 ans. Plus de chansons en possession, mais pas plus de temps pour les écouter. Cette modification de « valeur » s'est opéré avant l'apparition du téléchargement par une gestion désastreuse de l'industrie du disque (musique gratuite, payante, chère, pas chère etc...).

Quel rôle le numérique joue-t-il dans ces évolutions (déclencheur, catalyseur, etc.)

Déclencheur : il a donné cette possibilité.

Si vous vous projetez dans 15 ans, comment ces évolutions pourraient-elles dérouler leurs conséquences ?
 
Se projeter dans 15 ans est une gageure, au vu de la rapidité des évolutions technologiques et comportementales. Le « nomadisme » d'écoute est aujourd'hui possible et il est peu probable que les conditions d'écoute individuelles évoluent notablement. L'image sera sans doute présente dès la création et la commercialisation de l'oeuvre, comme une part de celle-ci. L'interactivité sera aussi plus présente : possibilité de créer soi même son titre. Le phénomène iTunes prouve que ce sont les constructeurs de terminaux et de Black Boxes (Baladeurs, Telephones, PDA, Ecran videos miniaturisés, Pcs), comme ceux qui ouvrent et ferment les débits qui tiennent les commandes de la production de contenus (on parle de contenus et non d'oeuvres). A ce titre, il peut y avoir une « banalisation » de l'offre. De plus en plus de facilités pour produire (fabriquer) des oeuvres. Des tuyaux plus importants en capacité de débit, mais contrôlés par quelques uns. L'artiste pourra donc, de plus en plus souvent, fabriquer lui-même son oeuvre (la produira donc financièrement), mais dépendra du marketing et des tuyaux du « distributeur » (je n'emploie pas le terme de « maison de disque »).

Question 2
Si vous deviez identifier deux innovations majeures dans la manière dont les entreprises du secteur exploitent les possibilités économiques ouvertes par le numérique et les réseaux, lesquelles seraient-elles ?

Extension du domaine géographique de l’offre grâce à la dématérialisation et à la numérisation : Vente en ligne / Téléchargement.
Bases de données et ciblages des publics pour une offre adaptée aux envies des consommateurs. Comme l’écrivait Jeremy Riffkin nous passons de l’ère de la marchandise à l’âge de l’accès. C’est dans ces repères et dans la relation individualisée au consommateur que l’industrie du disque essaie de bâtir un nouveau modèle économique.

Question 3
En supposant qu'il subsiste un échange important de fichiers musicaux non commerciaux (couvert ou non par des dispositions de type « licence globale »), comment l'industrie musicale pourrait-elle retrouver les moyens de générer des revenus suffisants, afin de trouver le chemin de la croissance ?

Baisser le coût d'achat lors des téléchargements ou plutôt, mettre en oeuvre une logique d'abonnement mensuel forfaitaire. Panacher ces revenus avec la publicité, par exemple. Il est clair que l'artiste, en bout de ligne, devra panacher ses revenus. Il faut néanmoins dire qu'aujourd'hui, déjà, une grande majorité d'artistes ne vivent pas seulement du disque, mais ont un statut social et une assise de revenus fournis par le spectacle vivant et l'intermittence.

Question 4
Si vous deviez imaginer deux scénarii économiques d'évolution de l'industrie à 5-10 ans, un
serait positif et l’autre négatif, lesquels seraient-ils ?


Démonstrations très courtes et péremptoires (les deux peuvent se dérouler simultanément):
  • Négatif :
Prise en main de l'industrie musicale par les médias et les opérateurs. Les artistes
doivent signer avec quelques énormes consortium et accepter leurs exigences. Le
droit d'auteur « anglo-saxon » devient la norme exclusive.
  • Positif :
Les artistes sont confortés dans leur rôle de producteur de leurs oeuvres et distribuent directement leurs oeuvres. Une aide publique est distribuée pour la production d'oeuvres audio, vidéo, numériques, le développement de logiciels et la sensibilisation des publics (taxe fiscale prélevée sur les abonnements ADSL et téléphone mobile).