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Les scénarios
Recensement de scénarios d'évolution de la filière musicale
Contributeurs :
Jean-Pierre Quignaux :
- Evolution du P2P musique vers le modèle "souk" : on trouve tout mais, il faut fouiller, prendre du temps, c'est gratuit et en fait ça n'a pas d'autre valeurs que j'essaye pour voir si ça me "branche"...
- Le phénomène "blog" s'amplifie, s'approfondit, se ramifie. Remake sous la forme numérique des radio libres et multiplication des " micro radio vidéo blog" où des professionnels et des amateurs éclairés/passionnés développent des plateformes de diffusion de leur production et de leur passion / univers musicaux. Certaines atteignent des audiences relatives significatives repérées par la pub qui propose des rémunérations. On se retrouve alors avec un modèle de "licence de diffuseurs privés"
- Les label / artisans indépendants développent des plateformes plus évoluées portant sur des communautés d'auteurs/créateurs en offrant du téléchargement libre de droit avec des systèmes d'abonnement/forfait visant à fidéliser leurs clients par de l'information et des services exclusifs : envoi de clip video, make off, des places de concert à tarif réduit, tchat avec les artistes, concerts privés en direct, .
- Les grands labels / diffuseurs se rendent compte rapidement que la DRMisation et le modèle de la vente à l'unité freinent leur restructuration/adaptation. Il passe une vitesse supérieure en développant le modèle des labels/artisans indépendants, en se positionnant comme portail de services intégrés culturels sur la base de forfait/abonnement, avec des offres multiples de place de cinéma à tarif réduit jusqu'à la vente exclusive de vêtements , l'offre musicale est diluée/atomisée dans un modèle économique plus vaste reposant sur des communautés d'intérêts partagés et sur les identités qu'elles permettent de générer...
Florent Verschelde :
J'ai sur mon ordinateur un logiciel permettant d'écouter de la musique et de gérer une collection musicale (un peu moins de 1500 titres à l'heure actuelle). Dans ce catalogue, je peux demander une lecture aléatoire ou dans l'ordre sur toute le catalogue, une lecture aléatoire ou dans l'ordre sur un genre précis, un artiste précis, un ou plusieurs mot-clefs. Je peux écouter un album, puis passer à un autre. Par contre :
1 - ce catalogue est limité ;
2 - il m'a couté des sous (acheter les albums, du moins une bonne partie d'entre eux).
Maintenant, imaginons exactement la même chose, mais sur un catalogue de millions de titres. Je fais des recherches, sélectionne des titres ou des albums ou des artistes, ou bien demande une sélection de 20 titres de New Wave, ou bien encore 15 titres de punk au hasard sur la période 1976-1979... paf, j'ai ma liste de lecture prête à être écoutée.
Je lance l'écoute, j'entends un premier morceau (streaming, pas de téléchargement définitif, technologie P2P pour réduire les frais, enregistrement d'un flux chiffré dans un cache sur le disque dur pour le cas où je veuille ré-écouter un titre dans le mois -- par exemple --, etc.). Puis : coupure pub, puis deux ou trois morceaux, puis encore pub, puis deux ou trois morceaux, etc.
En option pour ceux qui le souhaitent : avec exactement le même système, j'ai payé un abonnement mensuel qui me donne droit à exactement le même service... moins la pub. Cet abonnement est utilisable depuis n'importe quel ordinateur, avec la restriction suivante : une seule connexion active à la fois (c'est à dire que si j'ai donné le mot de passe et l'identifiant à un pote, on ne pourra pas écouter de la musique en même temps, ce qui risque de devenir rapidement prise de tête...).
Et si à un moment T je ne sais pas trop ce que j'ai envie d'écouter, je me laisse guider par des recommandations (cf. Pandora, Last.fm, etc.).
Pour finir, le système comptabilise anonymement les différents passages, et reverse les revenus (pub, abonnements) en fonction des passages.
Voilà. Ce système tout bête, c'est juste une radio (pub et compagnie) complètement personnalisée, c'est à dire qui passe exactement ce que je veux. Techniquement, ça représente : Last.fm + une régie publicitaire radio + des accords avec les majors et les indépendants + des investissements. Je suis peut-être naïf, mais ça me semble faisable.
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